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Lettre ouverte à Alain Juppé – Ministre des Affaires Etrangères

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M. Yohann TAIEB

Objet :

Israël – Palestine – Guilad Shalit

A l’attention de M. Alain JUPPE, Ministre des Affaires Etrangères et Européennes.

Monsieur le Ministre d’Etat,

Les changements radicaux dans le monde arabe de ces derniers mois ont profondément bouleversé la donne de la géopolitique internationale, mais aussi nationale, avec l’aflût massif d’immigrants dans notre pays.

Ces changements ont conduit la diplomatie française à s’adapter à cette nouvelle ère, dont nul ne sait sur quoi elle débouchera pour le monde arabe en particulier et pour l’occident en général.

La raison diplomatique imposerait une certaine prudence dans les choix stratégiques à moyen et long termes dans l’intérêt de la France et de la communauté internationale. Or en examinant votre action et vos déclarations, la diplomatie française, hélas, se fourvoie à mon humble avis.

Ce fourvoiement résonne comme un écho à votre analyse que vous avez portée en janvier 2009 à l’encontre d’Israël sur votre blog (1), à propos de l’opération « Plomb Durci ». En effet, vous aviez en des termes très durs, mis Israël en accusation et fait des sous-entendus très graves de crimes de guerre sur la population civile de Gaza.

Comme vous le savez, après un examen approfondi de tous les éléments de preuves en sa possession, le Juge Goldstone, dans une tribune du Washington Post du 1er avril dernier, a pris ses responsabilités en affirmant qu’Israël n’avait commis aucun acte assimilable à un crime de guerre ou à un crime contre l’Humanité, discréditant totalement les premières conclusions de la commission internationale qu’il présidait.

Nulle excuse, nul Méa Culpa ne saurait réparer l’énorme préjudice diplomatique et moral causé à Israël, que ce soit de la part de M. Goldstone ou de tous ceux qui ont injustement traîné Israël dans la boue.

Hier, ce fût au tour de l’armée israélienne et de l’Etat d’Israël d’être accusés ignoblement de tirer délibérément sur des civils. Demain, qui sait, ce sera peut être l’armée française et l’Etat français qui seront traînés dans la boue pour les pertes civiles en Libye ou en Afghanistan.

Aujourd’hui, ce sont vos propos sur le soutien probable de la France à la création unilatérale d’un Etat palestinien qui vont, à mon sens, à l’encontre d’une « paix juste » entre israéliens et palestiniens.

Le « prêt à penser » médiatique et diplomatique suggèrerait que le « blocage » du processus de paix serait dû à l’immobilisme délibéré d’Israël et à la prétendue poursuite de la colonisation israélienne.

Or, la vérité est toute autre au regard des révélations Wikileaks sur le dossier palestinien. Il n’y a absolument aucun blocage dans les négociations et tous les sujets sensibles ont avancé (les frontières, le cas de Jérusalem Est, la question des réfugiés, la question de l’eau…).

Ce sont ces longues années de négociations et de concessions israéliennes qui permettent aujourd’hui à l’Autorité Palestinienne de prétendre être en mesure de diriger un Etat palestinien.

Vous affirmez que les Palestiniens sont "plus que jamais prêts à établir un Etat et à le gérer d’une façon crédible et pacifique". Crédible ? Actuellement l’Autorité Palestinienne dépend exclusivement de l’aide internationale – une aide sans nul autre pareil dans le monde alors qu’il y a des populations dans le monde bien plus dans la misère que les palestiniens – et rien n’a été entrepris par les palestiniens ces dernières années pour ne plus en dépendre.

Une aide internationale généreuse, et pourtant de plus en plus perçue par les ONG pro-palestiniennes comme une stratégie délibérée occidentale pour corrompre les dirigeants palestiniens et étouffer les aspirations du peuple. Une aide qu’ils osent qualifier « d’industrie caritative » (2).

Une aide internationale que de plus en plus d’ONG internationales demandent aussi de suspendre tant que l’Autorité Palestinienne ne respectera pas les droits de l’Homme dans les territoires qu’elle administre.

Dans le contexte actuel de rigueur budgétaire , aussi bien à  l’international que national, il est temps de mettre l’Autorité Palestinienne devant ses responsabilités en fixant un horizon et des limites à l’aide internationale qu’elle reçoit.

Jusqu’à quand les contribuables français et européens devront être les principaux bailleurs de fonds de cette aide, alors que plus des 80% des pays soutenant la création unilatérale d’un Etat palestinien contribuent à peine à 20% ?

Cette question, Monsieur le Ministre, devra être posée lors de la prochaine grande conférence des donateurs pour la Palestine que la France prépare actuellement.

Crédible, cette Autorité Palestinienne ne l’est encore moins d’un point de vue démocratique car depuis le 25 janvier 2010, le Président palestinien n’a plus de mandat légitime pour représenter les intérêts légitimes du pays, tant dans les négociations avec Israël ou avec la communauté internationale.

A ce jour, la communauté internationale n’a reçu aucun engagement concret pour que des élections présidentielles et législatives aient lieu dans les territoires palestiniens puisque que le Fatah et le Hamas ne sont toujours pas prêts à trouver un compromis allant dans ce sens.

Aucune pression significative de la communauté internationale et de la France ne pèse sérieusement sur les deux factions palestiniennes pour exiger un compromis et la tenue obligatoire de ces élections. L’ensemble des pressions de la communauté internationale et de la France pèsent uniquement sur Israël.

Comment expliquer, par exemple à certains pays africains, que l’usage de la force armée peut s’avérer nécessaire pour chasser du pouvoir un dirigeant qui se maintient au pouvoir coûte que coûte bien que n’ayant plus de mandat alors que pour d’autres dirigeants arabes, en l’occurrence pour M. Abbas, c’est le faste et le tapis rouge de la République ?

Vous affirmez donc que les Palestiniens sont "plus que jamais prêts à établir un Etat et à le gérer d’une façon crédible et pacifique". Pacifique ? Il n’y a pas un jour ou les médias palestiniens, y compris ceux de l’Autorité Palestinienne, incitent à la haine contre les juifs et les Israélien. Une violation flagrante d’un des principaux engagements de l’Autorité Palestinienne dans le cadre du processus de paix. La diplomatie française le sait très bien, mais ne fait rien ou presque rien pour y mettre un terme alors que la France contribue massivement au financement des chaînes TV de l’Autorité Palestinienne.

Une Autorité Palestinienne qui glorifie quotidiennement les terroristes qui ont massacré des civils israéliens, et ce dès la plus jeune enfance, au travers des manuels scolaires jusqu’aux programmes télés, comme celui glorifiant le terroriste qui avait tué trois israéliens dans un attentat à Itamar en 2002 en Judée-Samarie… trois semaines après la diffusion de ce clip vidéo, deux jeunes palestiniens massacrèrent dans la nuit du 11 mars 2011, la famille Fogel, cinq victimes, dont un bébé de trois mois, tous sauvagement poignardés et égorgés dans leur sommeil.

Tant que l’Autorité Palestinienne ne cessera d’enseigner et de favoriser le terreau de cette incitation à la haine contre les juifs et les Israéliens, la paix ne verra jamais le jour et les Palestiniens ne pourront gérer d’une façon crédible et pacifique leur futur Etat.

Le fait par les Palestiniens de refuser de reconnaître le caractère juif de l’Etat d’Israël, un caractère juif que l’ONU avait elle-même donner au futur Etat Juif, suffit à démontrer que le conflit israélo-palestinien n’est pas d’ordre politique mais d’ordre religieux pour les Palestiniens et le monde arabe.

Le fait qu’Israël demande aux palestiniens et aux arabes israéliens de reconnaître le caractère juif de l’Etat d’Israël, est une question de principe, tout comme la France aujourd’hui, fait de la laïcité une question de principe essentielle et existentielle, bien avant d’être une question liée à des problèmes démographiques.

Tant que l’Autorité Palestinienne devra systématiquement rendre des comptes à la Ligue Arabe à chaque avancée dans les négociations, la paix et le futur Etat palestinien ne verront jamais le jour, il faut que l’Autorité Palestinienne s’affranchisse, sinon le principe de son droit a l’autodétermination ne serait pas crédible et serait vide de sens.

Enfin, Monsieur le Ministre, vous avez récemment affirmé qu’il faut qu’undialogue s’ouvre sans complexe avec les courants islamiques dès lors que les principes du jeu démocratique, sont respectés, une réflexion prise notamment après avoir dialogué avec des hauts représentants des Frères Musulmans en Egypte.

Le Hamas comme vous le savez est l’émanation palestinienne des Frères Musulmans en Egypte. Si le Hamas a pu participer aux élections palestiniennes c’est au prix d’énormes pressions diplomatiques internationales sur Israël. Au final le Hamas a était le grand gagnant de ces élections et au mépris de la Constitution palestinienne, il s’est arrogé le droit de prendre par les armes le contrôle de Gaza.

Le Hamas avant d’être un parti politique islamique, est avant tout une organisation terroriste, qui détient depuis presque cinq ans, un jeune otage français selon la liste officielle de votre Ministère, mais aussi aux yeux du Président la République et également de l’ancien Ministre des Affaires Etrangères, Mme M. Alliot-Marie. Cet otage vous le savez s’appelle Guilad Shalit.

Depuis presque cinq ans la France assure à la famille de ce jeune otage de mettre tout en œuvre pour aider à sa libération ou du moins à s’assurer qu’il soit toujours en vie. Hélas, Guilad n’est toujours pas libre et nous n’avons plus eu de signe de vie depuis plus d’un an et demi maintenant.

S’il est vrai que le cas de Guilad Shalit est complexe à régler pour la France, il est une chose que la France peut faire au nom de l’égalité et de la fraternité entre tous les otages français dans le monde : demander officiellement, vous ainsi que le Président de la République, à France Télévisions d’inclure Guilad Shalit au nombre des otages français, et ce conformément à la liste officielle des otages français dans le monde.

Car à ce jour Guilad n’a jamais fait partie pour France Télévisions du nombre des otages français dans le monde. Cette discrimination honteuse entre les otages français, cette injustice ignoble doit être réparée impérativement.

Vous avez ici l’occasion de montrer la détermination de la France, à œuvrer par tous les moyens possibles à aider à la libération de Guilad, et à soutenir sa famille.

En espérant que vous prendrez les décisions qui s’imposent en faveur de Guilad Shalit, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

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