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Israël / ses plus belles chansons au fil de son histoire

Au cours de la journée de Yom Hazikaron il est fréquent de voir dans les rues d’Israël (notamment sur la place Rabin à Tel Aviv) des centaines de jeunes, seuls ou en famille, se réunir, bougies ou guitare à la main, rassemblés pour entonner en cœur les chansons qui ont marqué l’histoire d’Israël. Guysen a fait pour vous une sélection de ces plus belles chansons.

Guerre d’Indépendance – 1947 – 1949

Hareout – Amitié : le chant des frères d’armes

Hareout a été écrite un an après le début de la guerre d’Indépendance israélienne sur la base d’un poème de Haim Gouri et mis en musique par Sasha Argov. Les mots choisis ont pour but de rappeler les tout nouveaux citoyens israéliens morts au front. Elle représente l’idéal du sacrifice pour la terre patrie et l’importance que chacun apporte au bien être collectif. La phrase Nous nous souviendrons de tout le monde, présente dans le refrain, est devenue un véritable étendard des commémorations de Yom Hazikaron.

Hareout est également souvent associée à la mémoire du Premier ministre Yitzhak Rabin, assassiné le 4 novembre 1995, après que celui-ci ait affirmé dans ses mémoires que cette chanson était sa préférée.

Guerre des Six Jours – 1967

Yeroushalaim Shel Zahav – Jérusalem d’or : Les Juifs rentrent à Jérusalem

Cette célèbre chanson, écrite par Naomi Shemer, a été pour la première fois chantée le 15 mai 1967,par Shuly Nathan, lors d’un festival de musiques israéliennes, moins d’un mois avant le début de la guerre.

A cette époque, la Jordanie contrôle entièrement la vieille ville de Jérusalem et interdit aux Juifs d’y entrer pour se recueillir sur le Mur Occidental (Mur des Lamentations).
Seuls les Israéliens qui vivaient déjà dans le pays avant sa naissance en 1948 ont donc eu le privilège de s’approcher du lieu le plus saint du Judaïsme.
Mais pour la grande majorité du peuple juif, cela fait près de 2000 ans que ce droit le lui est refusé.

La première partie de la chanson pleure cette Jérusalem perdue :

Comme ils sont à sec les puits ! 
La place du marché est vide 
Et nul œil ne guette le mont du Temple Dans la Vieille Ville.
Et dans les grottes des rochers
Hurlent les vents 
Et nul ne descend vers la Mer Morte
Par la route de Jéricho
Je ne suis pas à la hauteur du moindre de tes enfants
Ni du dernier des poètes
Car ton nom brule les lèvres
Comme le baiser d’un séraphin 
Si je t’oublie Jérusalem…
Toi qui es toute d’or

Le 7 juin 1967, les parachutistes israéliens pénètrent dans la vieille ville de Jérusalem et, au terme d’un combat au corps à corps contre l’armée jordanienne, libèrent les lieux saints et arrivent, les larmes aux yeux, aux pieds du Temple de Salomon.
En apprenant que les soldats de Tsahal ont entonné sa chanson en arrivant au Mur, Naomi Shemer modifie les derniers couplets :

Nous sommes revenus aux puits des eaux
Au marché et sur la place
Un shofar appelle sur le Mont du Temple 
Dans la Vieille Ville
Et dans les grottes des rochers
Des milliers de soleil rayonnent
Nous reviendrons et descendrons vers la Mer Morte
Par la route de Jéricho

Depuis, Yeroushalaim Shel Zahav a été reprise par un nombre considérable de chanteurs et représente l’attachement éternel du peuple juif à Jérusalem, d’Israël, à sa capitale.

Vidéo extraite du film Pour Sacha, fiction émouvante réalisée autour de la guerre des Six Jours :

Guerre de Kippour – 1973

Khoref 73 – Hiver 73 : Les larmes des enfants à qui l’on avait promis la paix

Ce chant est probablement le plus poignant de tous.
Ecrit en 1995, il raconte l’histoire de ces enfants nés en pleine guerre de Kippour qui a traumatisé la société israélienne en raison de son caractère soudain.

Nous sommes nés dans un pays triste et blessé
Vous nous regardiez, nous serriez fort et vous tentiez de trouver un réconfort 
Quand nous sommes nés les anciens nous regardaient les yeux remplis de larmes et imploraient dieu :
‘‘faites que ces enfants n’aillent pas à l’armée’’

Vous le disiez du fond du cœur
Lorsque vous nous promettiez de tout faire pour nous 
De faire de notre ennemi un ami
Vous promettiez la colombe, une feuille d’olivier
Vous promettiez la paix

Nous sommes les enfants de l’hiver 1973
Nous avons grandis et sommes maintenant dans l’armée 
Avec notre arme
et un casque sur nos têtes 
Nous savons comment faire l’amour,  pleurer et rire

Lorsque nous étions enfants 
Vous nous disiez qu’une promesse doit toujours être honorée
Si vous avez besoin de notre force
Nous vous donnerons la nôtre 
Nous voulons juste murmurer :
Nous sommes les enfants de cet hiver 1973

Liban, 1986

Kshetavo – Quand tu viendras : Ron Arad, toujours en vie ?

Depuis le 16 octobre 1986, le pilote israélien Ron Arad est porté disparu. Après un incident technique en pleine mission au Liban, il fut obligé de s’éjecter de son appareil et a été ensuite capturé par une milice terroriste. Plusieurs lettres écrites de sa main parvinrent en Israël en 1987, ce qui encouragea le gouvernement à entamer des négociations. Mais celles-ci échouèrent.
En 2006, le Hezbollah affirmait que le captif était décédé et qu’il ignorait où se trouvait son corps. Selon certaines informations, il aurait transféré en Iran.
Beaucoup évoquent aujourd’hui son souvenir en mettant en garde contre l’enlisement des négociations dans le dossier Shalit qui pourrait connaitre une issue similaire.

La chanson Kshetavo  (Quand tu viendras), a été écrite Ehoud Manor et chantée par Boaz Sharabi.
Elle raconte l’attente de sa famille, notamment de sa femme, qui restent sans signe de vie depuis 24 ans.

Quand tu viendras 
Quittant le froid pour la maison
A la maison, vers la lumière
Notre cœur tremblera 
Quand tu viendras 
Derrière les larmes 
Tu n’es pas seul 
Tu es né pour être libre

4 novembre 1995, Ytzhak Rabin meurt sous les balles d’un Juif

Shalom Haver – Adieu ami : la douleur d’un peuple

Le samedi 4 novembre 1995, en marge d’une manifestation pour la paix, le Premier ministre Yitzhak Rabin, héro des guerres d’Israël, tombe sous les balles d’Ygal Amir, un extrémiste juif opposé aux accords d’Oslo avec les Palestiniens.
Bien que la société israélienne était à cette époque très divisée sur la question de la paix, son assassinat a choqué à gauche comme à droite et toute la nation s’est rassemblée pour faire le deuil d’un des pionniers de la nation juive.

En apprenant la nouvelle, Bill Clinton, alors président des Etats-Unis, a prononcé une allocution poignante en direct de la Maison Blanche qu’il a conclu en affirmant
‘‘puisque les mots ne suffiront pas à exprimer ma peine, laissez-moi simplement dire Shalom Haver, Adieu mon ami’’ (discours visible à la fin de la vidéo proposée ci-dessous).

Ces propos ont inspiré Shalom Hanoh et Arik Einstein qui ont écrit et composé la chanson Shalom Haver, dédiée à la mémoire du défunt Premier ministre.

Adieu ami, il est difficile de parler 
Chaque jour qui passe est encore plus dur
J’ai tellement de choses à te dire
Je n’ai pas de mots tant la souffrance est immense 
Je n’ai pas de mots 
Seul Dieu donne et seul Dieu prend 
Tu es mon ami et mon frère

2nd Intifada, années 2000

Darkneinou (Notre Chemin) & Our Ouri (Réveillez-vous, Dressez-vous) : les morts au quotidien

A l’automne 2000 débute la 2nd Intifada, vague de violence minutieusement préparée par l’Autorité Palestinienne.
Les espoirs de paix explosent en même temps que les bus à Jérusalem et à Tel Aviv.
Rapidement, les images de morts, des soldats lynchés, du tombeau de Joseph détruit et des cafés ensanglantés se succèdent à la télévision. Après chaque attentat, les radios israéliennes diffusent des chansons tristes en hommage aux morts.

Deux d’entre elles sont restées dans les mémoires. La première est Darkeinou, vieille chanson réadaptée pour une série télé et qui a énormément été diffusée.
L’orage était ici, maintenant il est passé 
Nous continuerons à aller plus loin 
La route est encore long le voyage ne s’arrête pas là
Il n’est pas facile, notre chemin, il n’est pas facile
Derrière nous des montagnes 
Et devant nous des montagnes aux sommets encore plus hauts 
Très bientôt la bougie finira de s’éteindre 
Il faudra commencer à marcher mais tu ne seras pas seul je marcherais avec toi.

 

La seconde, Our Ouri, est interprétée par le célèbre chanteur Aviv Geffen, connu pour ses engagements pacifistes.
Rapidement après le début de la 2nd Intifada, ce titre, qui dénonce la violence, devient très populaire, surtout auprès des jeunes israéliens.
Le clip (voir vidéo ci-dessous) de cette chanson a même été élu clip de l’année 2000 par Aroutz 24, la chaîne de la musique israélienne.

La terreur, l’hostilité 
Le son de la guerre 
La haine fraternelle
Qui sont plus forts chaque jour
Eveillez-vous 
Dressez-vous
Patrie bien aimée 
Parce que nous sommes fatigués
Nous avons besoin de nous reposer
Encore un enfant qui ne rentrera pas chez lui

Israël quitte la Goush Katif et la Bande de Gaza – aout 2005

Ze Aya Beyti – C’était ma maison : la nostalgie des exilés

En aout 2005, Israël procède à l’évacuation du Goush Katif qui rassemble les villes et villages juifs de la Bande de Gaza dans lesquels vivaient 8500 Israéliens. Certains ont accepté de partir dès l’ordre reçu, d’autres en ont été évacués manu-militari. Mais pour tous, devoir abandonner leurs maisons, jardins, écoles, cimetières, synagogues, champs et tout simplement leur vie, fut un véritable crève-cœur dont tous ne se sont pas encore remis. Des familles vivent encore dans la précarité et d’autres n’ont pas survécu à cette épreuve. La chanson Ze Aya Beyti évoque la nostalgie du Goush Katif.

C’était ma maison 
Avec un jardin et un poulailler, c’était ma maison 
C’était la tienne, la mienne, la nôtre 
A l’aube des étrangers viendront y vivre
Et nous, avec tous nos souvenirs, nous disparaitrons 
Les bougies à la fenêtre ne sont plus visibles depuis que nous sommes partis
Nous avons quitté nos amis et ceux avec qui nous rigolions 
Le chat dans le jardin a déjà disparu 
Et le jardin est silencieux.


Guilad Shalit kidnappé – 25 juin 2006

lo nigmar – Ce n’est pas fini : l’espoir d’un retour qui se fait attendre

Le 25 juin 2006, des terroristes du Hamas pénètrent en Israël depuis la Bande de Gaza, tuent deux soldats et kidnappent Guilad Shalit, citoyen franco-israélien alors âgé de moins de 20 ans. Depuis, seules deux lettres et une vidéo sont parvenues à ses parents. Aucune visite de la Croix Rouge ne lui a été accordée et le Hamas exige toujours d’Israël la libération d’un millier de Palestiniens, dont plusieurs sont responsables d’attentats suicides. Ce Yom Hazikaron marque le 1779e jour de détention, totalement illégale, pour Guilad Shalit. Depuis maintenant plusieurs mois, ses parents campent devant la résidence officielle du Premier ministre à Jérusalem afin de lui rappeler au quotidien la condition de leur fils.

Peu de temps après son enlèvement, le très populaire chanteur israélien Rami Kleistein compose la chanson Zé lo nigmar qu’il dédie à Guilad et aux deux otages du Hezbollah (voir plus bas). Ces paroles sont malheureusement toujours d’actualité.

Ce n’est pas encore fini, même si le bruit des canons 
Assourdit le murmure de nos cœurs
Ce n’est pas encore fini, même dans les nuits les plus sombres 
La lune au-dessus de vous continue de briller
Une nuit sans sommeil
La maison se réveillera au son de vos voix 
Notre âme mise à nue
Nous bénirons alors le retour de nos trois bien aimés
Quand nous caresserons vos visages
La douleur de l’éloignement s’estompera 
Ce n’est pas encore fini, notre cœur bat pour vous.

2nd guerre du Liban – été 2006

Arim Roshi – Levons la tête : le souvenir amer d’une guerre

Le 12 juillet 2006, un commando terroriste du Hezbollah pénètre au sein du territoire israélien, tue plusieurs soldats et kidnappe Ehoud Goldwasser et Eldad Reguev.
Dans la foulée, le gouvernement d’Ehoud Olmer décide d’une opération militaire de grande envergure pour récupérer les otages et réduire la capacité de nuisance du mouvement terroriste shiite financé par l’Iran.
La guerre se termine le 14 août 2006 sans que les soldats ne soient ramenés à la maison et sans victoire claire contre le Hezbollah qui a, chaque jour, bombardé des zones habitées en Israël.
Cette période, traumatisante pour la population israélienne, a inspiré le chanteur Shai Gabso qui a écrit et interprété la chanson Arim Roshi.

Mes mains sont tendues
Demandant de l’aide pour continuer le voyage avec toi 
Et sur les côtés les fleurs semblent avoir perdu leur identité 
Cherchant un rayon de lumière qui pourrait aider
Je dresserai ma tête 
Je lèverai mes yeux vers les montagnes au loin 
Et ma voix sera entendue comme un cri
Comme la prière d’un homme
Et mon cœur suppliera 
‘‘D’où mon aide viendra-t-elle ?’’

Sources : Guysen

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