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Le Procès du Rapport Goldstone

navon Par Emmanuel Navon
Association France-Israël (Mairie du 16e, Paris), 31 mai 2011
Nous nous réunissons ce soir à une date symbolique.  Car c’est ce soir que l’État d’Israël et le peuple juif célèbrent Yom Yérushalayim, le « Jour de Jérusalem, » qui marque la libération de Jérusalem le 7 juin 1967, ou le 28e  jour du mois de Iyar dans le calendrier hébraïque. 
C’est à cette date que le commandant des troupes parachutistes de Tsahal, Motta Gur, prononça ces trois mots éternels sur les ondes radiophoniques : « Le Mont du Temple est entre nos mains. » 

Ceux qui eurent le privilège de vivre ces moments historiques furent témoins du Retour à Sion après deux-mille ans d’exil. 
 
Le retour à Sion est à ce point central dans la foi juive et dans l’espoir du peuple juif, qu’il suscita dans le passé l’admiration et le respect des hommes de lettre et des hommes politiques français.  Jean Racine conclut la tragédie d’Esther avec un appel au retour à Sion.  Quant à Napoléon Bonaparte, il déclara à propos des Juifs après avoir appris qu’ils jeûnaient le jour de la destruction du Temple de Jérusalem : « Un peuple qui pleure sa patrie dix-sept siècles après sa destruction, la reconstruira. »

Maintenant que les Juifs sont revenus à Sion, où sont les Racine et les Bonaparte? 
En appeler à la division de Jérusalem, c’est offenser la foi du peuple juif et toucher avec insouciance le point d’Archimède de notre existence nationale.  En appeler à la division de Jérusalem, c’est oublier qu’au Proche-Orient seul l’État d’Israël respecte les lieux saints et garantit la liberté de culte de toutes les religions, là où ils étaient profanés et méprisés lorsque Jérusalem était divisée.       
En appeler à la division de Jérusalem est une politique irresponsable et indigne.
  
C’est cette même politique qui a amené la France à s’absenter lors du vote sur le Rapport Goldstone le 16 octobre 2009 au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, et à s’abstenir lors du vote de l’Assemblée générale le 26 février 2010, alors que 18 démocraties (dont sept pays membres de l’Union européenne) ont voté contre l’adoption du rapport.  Et, tandis  que le Sénat des États-Unis a approuvé à l’unanimité en avril 2011 une résolution en appelant à résilier le Rapport Goldstone, le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero, a déclaré que le Rapport Goldstone « n’a pas à être retiré. »  

Le Rapport Goldstone constitue l’accusation la plus grave formulée contre l’État d’Israël par les Nations Unies depuis l’adoption de la résolution de l’Assemblée générale de 1975, qualifiant le sionisme de racisme (une résolution qui a, depuis, été annulée).

Le rapport accuse Israël d’être l’agresseur et d’avoir fait volontairement le maximum de victimes civiles à Gaza pour briser l’esprit de résistance des Gazaouites.

Cette accusation est une inversion de la réalité. 
Pendant huit années consécutives (entre 2001 et 2009), Israël a été la  cible et la victime de 12,000 roquettes tirées depuis la Bande de Gaza. 
En 2008, près d’un million d’Israéliens se trouvaient dans la zone de tirs du Hamas.  Leur vie quotidienne était devenue un enfer.

Lorsque le candidat Barack Obama rendit visite à Sdérot à un enfant israélien amputé de ses deux jambes à la suite d’un tir de roquettes, il déclara la chose suivante : 
« Le premier devoir de l’État est de protéger ses citoyens.  Et je peux vous garantir que si quelqu’un tirait des roquettes sur ma maison et sur mes deux filles en plein sommeil, je ferais tout pour arrêter cela.  Je n’en attends pas moins des Israéliens. »

Israël a fait ce que Barack Obama et ce que tout autre dirigeant aurait fait.  Le 19 décembre 2008, le Hamas a unilatéralement décidé de briser la trêve négociée par l’Égypte et de bombarder Israël avec des roquettes.  Lorsqu’Israël a engagé une opération militaire le 27 décembre 2008, c’était pour mettre fin à cette agression intolérable.

Et contre quoi le Hamas résistait-il ? 
Israël s’était complètement retiré de la Bande de Gaza en 2005.  Quant aux tirs de roquettes du Hamas, ils n’ont fait qu’augmenter après le retrait israélien.  En un an, entre 2005 et 2006, les tirs de roquettes du Hamas ont augmenté de 500%.   

La soi disant « résistance » du Hamas n’est pas due à un conflit territorial et n’a pas de solution territoriale.
La Charte du Hamas déclare que l’Islam finira par faire disparaître Israël.  Yunis al-Astal, un parlementaire du Hamas qui est aussi le doyen de la Faculté de Sharia à l’Université islamique de Gaza en appelle ouvertement à l’annihilation des Juifs. Il utilise  à ce titre le mot  Mahraqa annihilation). 
Le militant du Hamas Muhsen Abu Ita déclare à la télévision palestinienne le 13 juillet 2008 qu’il faut exterminer tous les Juifs.
La liste est plus longue, mais le message est clair.  Ce n’est pas de la résistance.  C’est une idéologie haineuse et génocidaire.  

Le Rapport Goldstone accuse Israël d’avoir volontairement fait le maximum de victimes civiles.
C’est une accusation de meurtre  rituel qui vise à faire de nous des monstres. 
Si nous avions voulu faire le maximum de victimes civiles, pourquoi avons-nous envoyé des messages aux populations avant chaque bombardement afin de les éloigner des zones de combat ? 
Pourquoi avons-nous risqué la vie de nos soldats en envoyant des troupes terrestres pour limiter les bombardements aériens ?  

Le Colonel Richard Kemp, qui fut à la tête des forces britanniques en Afghanistan, a rendu le témoignage suivant au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies après avoir étudié de près l’Opération Plomb fondu : « Pendant l’Opération Plomb fondu, l’armée israélienne a fait plus que n’importe quelle armée au monde dans tout l’histoire de la guerre pour protéger les droits des populations civiles dans les zones de combat.  Et Israël a pris des précautions énormes alors même
qu’elle avait à faire à un ennemi qui place ses armes et ses combattants derrière le bouclier humain des populations civiles. »  
De même que la résolution sionisme-racisme de l’ONU fut initiée et votée par des régimes autocratiques et oppressifs, la session spéciale du Conseil des Droits de l’Homme pour l’établissement d’une commission d’enquête après l’opération « Plomb fondu » a été convoquée par Cuba, par l’Égypte, et par le Pakistan.  Et les pays qui ont voté pour la mise en place de cette commission sont la Chine, la Russie, et les pays arabes et musulmans.
Pas une seule démocratie n’a voté en faveur de la mise en place de cette commission.
Et pour cause. Le soit disant « Conseil des Droits de l’Homme » de l’ONU est une institution orwellienne où siègent les pires violateurs des droits de l’homme.
Des onze sessions extraordinaires convoquées par le Conseil depuis sa création en 2006, cinq ont été consacrées à Israël.  Même l’ancien secrétaire général de l’ONU Koffi Annan a déploré que le Conseil des Droits de L’Homme ne parle que d’Israël et n’a rien à redire sur ce qui se passe au Soudan.
Grâce à leur majorité automatique, les pays arabes  manipulent l’ONU pour combattre Israël sur le plan diplomatique. 
Ils accusent injustement Israël de ce dont ils sont eux-mêmes coupables.  Ils exploitent  cyniquement le langage des droits de l’homme et dénaturent le droit international pour cacher leur stratagème derrière un écran de respectabilité.  D’où la résolution sionismeracisme, d’où la Conférence de Durban, et d’où le Rapport Goldstone.  

En janvier 2009, le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies a approuvé l’établissement d’une commission d’enquête sur la Guerre de Gaza.  Quelques mois plus tard, en mai 2009, le même Conseil s’est  refusé d’établir une commission d’enquête sur le massacre des Tamouls par le Gouvernement sri lankais.
D’après les estimations de l’ONU, plus de 7,000 civils ont été tués entre janvier et mai 2009 au Sri Lanka, et le Gouvernement sri lankais a intentionnellement bombardé des civils tamouls.  Des dizaines de milliers de Tamouls sont détenus dans des camps d’internement. 
Et quelle a été la réaction du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU ?  D’émettre une résolution « félicitant » le gouvernement sri lankais pour sa victoire contre le « terrorisme. »
Le Gouvernement israélien, qui a rempli son devoir  le plus élémentaire de protection de ses citoyens, qui a exercé son droit à la légitime défense, et qui a tout fait pour limiter le nombre de victimes civiles, est condamné pour « crimes de guerre »  par le Conseil des Droits de l’Homme.
Mais le Gouvernement sri lankais, qui a écrasé dans un bain de sang un mouvement de libération national, est félicité par le Conseil des Droits de l’Homme pour sa victoire contre le terrorisme.

En acceptant la nomination du Conseil des Droits de l’Homme, Richard Goldstone a cautionné l’hypocrisie, le cynisme et la dépravation morale de l’Organisation des Nations Unies. 
Et ce n’est pas la première fois que Richard Goldstone collabore avec la perversion onusienne.  Lorsqu’il servit de procureur pour les tribunaux des Nations-Unies pour l’ancienne Yougoslavie et pour le Rwanda, il travailla pour l’organisation qui aurait dû être inculpée.

L’ONU, en effet, porte une responsabilité écrasante dans le génocide de 800,000 Tutsis au Rwanda en 1994, et dans le massacre de 7,000 Bosniaques musulmans à Srebrenica en 1995.

Même Mary Robinson, l’ancienne Haut-commissaire aux Droits de l’Homme de l’ONU qui avait présidé la Conférence de Durban en 2001 et qui n’est pas connue comme étant une passionaria sioniste, a refusé de diriger la mission commanditée par le Conseil des Droits de l’homme, parce qu’elle considérait que son mandat était inéquitable.
Et pour cause.  La résolution du Conseil des Droits de l’homme établissant la commission d’enquête sur la guerre de Gaza ne demande pas à vérifier si les parties au conflit ont commis des violations des droits de l’homme et des crimes de guerre.  Le texte de la résolution condamne Israël d’emblée.  Voilà ce que dit la résolution : « Le Conseil des Droits de l’Homme (…) reconnaissant que l’opération israélienne massive qui se déroule dans les Territoires palestiniens occupés a causé de graves violations des droits de l’homme envers les civils palestiniens. »
Vous remarquerez la différence avec le texte de la  résolution du Conseil de Sécurité établissant une commission d’enquête en octobre 2004 sur les massacres perpétrés au Darfour.  Tandis que la résolution du Conseil des Droits de l’Homme sur Gaza accuse et condamne Israël (mais pas le Hamas) avant même que l’enquête ait eu lieu, la résolution du Conseil de Sécurité sur Darfour charge les enquêteurs de  « vérifier les informations » concernant des  « allégations » de crimes et se garde même de condamner le gouvernement soudanais.  

À quoi bon établir une commission d’enquête si l’objet de l’enquête est déclaré coupable avant même que l’enquête ait eu lieu ?  Par ailleurs, le texte de la résolution  « condamne fortement » l’opération militaire israélienne mais ne condamne pas le Hamas pour avoir tiré des milliers  de roquettes sur des civils israéliens et pour être responsable de la réplique  israélienne.  La résolution qualifie la réplique israélienne aux attaques du Hamas d’  « agression. »  Enfin, vous remarquerez que la résolution parle de  “ bande de Gaza occupée” alors qu’Israël s’est complètement retirée de la Bande de Gaza en 2005, soit quatre ans auparavant. 
Non seulement la résolution condamne Israël avant même que la commission d’enquête ait fait son travail et ait remis son rapport, mais les membres de la commission avaient eux aussi déclaré Israël coupable avant de participer à l’enquête.  

Tel est le cas de Christine Chinkin, qui est cosignataire d’une lettre collective publiée dans le  Sunday Times  de Londres le 11 janvier 2009, soit la veille de la décision du Conseil des Droits de l’Homme d’établir une commission d’enquête. 
Le titre de la lettre est le suivant : « Le bombardement de Gaza par Israël n’est pas de l’autodéfense.  C’est un crime de guerre. »  Et la lettre dit la chose suivante
(écoutez bien) :  «Les attaques de roquette du Hamas, aussi déplorables qu’elles soient, n’autorisent pas Israël à arguer de l’autodéfense. »

Donc le droit à l’autodéfense, reconnu entre autres par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, ne s’applique pas à Israël. 
Le  fait que des enfants israéliens aient été assassinés, amputés, et traumatisés à vie, le fait que des centaines de milliers d’Israéliens aient vécu dans la peur permanente et que leur vie ait été suspendue au cris des sirènes et à la fuite vers les abris pendant huit ans, tout cela de donne pas à Israël le droit de se défendre.  Pourquoi ?  On ne sait pas. 
C’est comme ça.  Et ça ne vaut que pour Israël.
Quant aux témoignages du côté palestinien, leur véracité n’a jamais été vérifiée par la commission.  La commission est parvenue à ses conclusions en interrogeant, plusieurs mois après les événements,  des personnes qui se disent avoir été témoins de ces événements.  Comment de tels témoignages peuvent-ils être dignes de foi et, surtout, comment peuvent-ils servir de base pour inculper Israël ?
Et pour cause.  Richard Goldstone déclare lui-même  au magazine  Forward  le 7 octobre 2009 que « si ça avait été une Cour de justice, rien n’aurait été prouvé. »
  
En revanche, le rapport qui porte son nom, applique la présomption d’innocence aux Palestiniens et la présomption de culpabilité à Israël.

Alors que le Hamas tire depuis les mosquées, les écoles et les hôpitaux pour augmenter le nombre de civils du côté palestinien afin de marquer des points, lâchement et cyniquement, dans les médias internationaux, le Rapport Goldstone nie, tout simplement, cette pratique.
Et sur quoi s’appuie le Rapport ?  Eh bien, sur les témoignages des terroristes du Hamas qui disent qu’ils ne sont pas lâches et cyniques !

Et comment la commission sait-elle qu’Israël a fait volontairement le maximum de civils du côté palestiniens ?  Parce que les témoins palestiniens le disent…

La présomption de culpabilité à l’égard d’Israël va plus loin. 
Le Rapport Goldstone reconnaît qu’Israël a prévenu, avant les bombardements, les populations civiles par le biais de prospectus, d’appels téléphoniques et de messages radiophoniques et ce afin de limiter le nombre de victimes civiles.
Le rapport reconnaît également qu’une autre technique de prévention utilisée par Israël est celle qui consiste à lancer des explosifs légers sur les toits afin de prévenir les habitants de quitter leurs maisons avant un bombardement.
Mais au lieu de saluer Israël pour cette technique  de prévention, le rapport condamne Israël pour les dégâts matériels marginaux causés par le lancement des explosifs légers sur les toits !

Le Rapport Goldstone applique le même raisonnement  sophiste au
bombardement des infrastructures civiles.  Bien que les voies de communications telles que les routes et les ponts soient des infrastructures civiles, elles constituent en temps de guerre une cible légitime puisqu’elles sont utilisées par l’ennemi pour se déplacer et pour se ravitailler.
Les bombardements de l’OTAN en ex-Yougoslavie ont fait des centaines de morts civils et des destructions énormes d’infrastructures avec pour seul but de minimiser les pertes militaires alliées. 
En attaquant les infrastructures civiles  pour limiter ses propres pertes
militaires, l’OTAN a agi conformément au droit de la guerre.

Mais selon le Rapport Goldstone, ce droit ne s’applique pas à Israël.  Pour le rapport, le bombardement de cibles civiles par Israël à Gaza constitue un « crime de guerre. »   

Ce n’est pas un hasard si Musa Abu Marzuq, le numéro deux du Hamas à Gaza, déclara au journal Al Arabiya après la publication du Rapport Goldstone que « Le rapport acquitte le Hamas. » 
Quant aux recommandations du rapport, elles poussent le cynisme à ses limites.
Le rapport recommande qu’Israël cesse d’utiliser certains types d’armes, mais il ne recommande pas que le Hamas cesse de tirer des roquettes.
Il en appelle au dédommagement financier, par Israël, des victimes palestiniennes, mais pas au dédommagement financier, par le Hamas, des victimes israéliennes. 

Enfin, et c’est là le point d’orgue, le Rapport en appelle à  poursuivre en justice les dirigeants israéliens pour crimes de guerre et à envisager des sanctions internationales contre l’État d’Israël.  
Tel est bien le but ultime du Rapport Goldstone : isoler Israël et l’empêcher de se défendre.  Parce que nos ennemis n’ont pas réussi à nous détruire par la guerre, à nous étouffer par le boycott, et à nous briser par  le terrorisme, ils essaient de rallier la communauté internationale pour nous lier les mains et pour nous mettre au ban des nations.
Ils ont déjà réussi à rallier une partie de la communauté internationale, à
commencer par des pays comme l’Arabie saoudite, le  Venezuela, et l’Iran, ainsi que de nombreuses ONG.
Et c’est là que les pays libres, les États de droit, doivent se lever et dire clairement qu’ils ne participeront pas à cette mascarade.   Il en va de leur intérêt. 
Car selon les critères du Rapport Goldstone, les forces de l’OTAN en Afghanistan sont coupables de crimes de guerre.  Et tandis que Mouammar Kadhafi est une victime, David Cameroon et Nicolas Sarkozy sont passibles de poursuites judiciaires.
Ce n’est pas une plaisanterie. 
Les États de droit  qui ne se démarquent pas du rapport Goldstone ne sont pas seulement complices du cynisme et de l’hypocrisie qui consiste à manipuler et à dénaturer le droit international pour diffamer et isoler d’Israël.  Ils portent également atteinte à  leur propre droit à la légitime défense face au terrorisme.  

Le Rapport Goldstone constitue également un obstacle à la paix.  Lorsqu’Israël s’est retiré de la Bande de Gaza en 2005, les opposants au retrait affirmaient que la Bande de Gaza se transformerait en base terroriste d’où seraient tirées des roquettes contre Israël.  Ils avaient raison.  Les  avocats du retrait, quant à eux, affirmaient qu’Israël aurait les mains libres pour répliquer à des tirs de roquettes puisqu’Israël aura cessé d’être une puissance occupante à Gaza.  Ils se sont
complètement trompés.  La preuve, c’est que le Rapport Goldstone affirme que la Bande de Gaza est toujours occupée par Israël, que le Hamas n’a rien fait, que c’est Israël l’agresseur, et que le droit à la légitime défense ne s’applique pas à Israël même quand des roquettes sont tirées vers la population civile israélienne.

Si le Rapport Goldstone n’est pas annulé, Israël ne pourra plus prendre de risques pour la paix. 
Si, après un retrait, le territoire  évacué par Israël est utilisé pour attaquer Israël et qu’Israël ne peut pas répliquer pour se défendre, il n’y aura plus de retraits territoriaux israéliens.  Donc on ne peut pas à la fois ne rien faire pour annuler le Rapport Goldstone et demander à Israël de prendre des risques (en particulier des risques territoriaux) pour la paix.  C’est l’un ou l’autre.  
 
Et comment les États de droit menacés par le terrorisme (comme la France) peuvent-ils ne pas se démarquer du Rapport Goldstone et en appeler à son annulation, lorsque Richard Goldstone lui-même remet en cause aujourd’hui les principales conclusions du rapport ?

Dans son article publié le 1er avril 2011 dans le  Washington Post, Richard Goldstone invalide les conclusions du rapport qui porte son nom. 
En dépit de la date choisie pour la publication de l’article, il ne s’agit pas là d’un poisson d’avril.
Contrairement à ce qu’affirme le rapport qui porte  son nom, Richard Goldstone dit aujourd’hui qu’il va de soi que les crimes commis par le Hamas étaient intentionnels, alors que c’est sans intention de tuer qu’Israël a fait des victimes civiles en répliquant militairement aux attaques du Hamas.  Goldstone rétracte l’accusation la plus grave envers Israël et l’acquittement le plus choquant du
Hamas.
Richard Goldstone affirme dans son article que le rapport n’aurait pas été aussi inéquitable si Israël avait coopéré.  J’en doute, puisque les auteurs du rapport avaient d’emblée décidé d’appliquer un double-standard de présomption d’innocence au Hamas et de présomption de culpabilité à Israël. 
Même si Israël avait coopéré et témoigné, les conclusions du rapport auraient sans doute été semblables.
Mais tandis que le Gouvernement israélien n’a pas coopéré avec la commission Goldstone, les organisations israéliennes de droits del’homme, elles, ont plus que coopéré.        

Examinez les sources du Rapport Goldstone, et vous  verrez qu’elles citent abondamment les organisations israéliennes telles que  Betselem, Adalah, Yesh Din, ou Shovrim Shtika.  
L’organisation israélienne  Betselem est la source la plus citée par le Rapport Goldstone (pas moins de 56 notes de référence).  La directrice de Betselem, Jessica Montell, s’est enorgueillie du fait que son organisation a tout fait pour aider la mission Goldstone pendant son enquête. Ce n’est pas un hasard si Betselem a étroitement collaboré avec Goldstone. 
L’exPrésidente de  Betselem, Anat Biletzsky, est l’auteur d’une pétition publique publiée en 2004 sous le titre de « Pétition d’Olga. »  Le document en question affirme entre autres qu’Israël est une « trappe de  mort, » et le « plus grand ghetto de l’histoire juive » dont le but est de
« pulvériser le peuple palestinien en poussière. »  Biletzsky en appelle ouvertement au démantèlement immédiat de l’État d’Israël et à son remplacement par un État arabe.  

Même chose avec l’actuel Président de  Betselem, Oren Yiftachel, qui est
cosignataire de la « Pétition d’Olga. »  Yiftachel est également cosignataire d’une pétition publiée pendant l’opération « Plomb fondu » qui en appelait à l’ONU et à l’Union européenne à intervenir militairement pour mettre fin à l’opération.  

Si je vous raconte cela, c’est parce que l’accusé n’est pas simplement le Rapport Goldstone et les pays qui le cautionnent.  L’accusé, c’est aussi les organisations israéliennes qui collaborent avec l’ennemi.
Ces organisations israéliennes parlent de droits de l’homme pour se faire
respecter, mais en réalité elles utilisent les droits de l’homme comme cache-sexe. 
Leur véritable but est d’imposer à Israël, par l’extérieur, ce qu’elles n’ont pas réussi à promouvoir de l’intérieur.
L’effondrement du processus d’Oslo et le terrorisme palestinien qui s’en est suivi ont discrédité et marginalisé les hommes politiques qui avaient bâti leur carrière sur l’idéologie de la paix.

Au lieu d’admettre leurs erreurs et leur défaite en se retirant de la vie publique, ils essaient, par l’intermédiaire des ONG, de l’ONU et
des gouvernements européens, d’imposer à Israël ce que les Israéliens rejettent à chaque élection depuis l’échec du processus d’Oslo.
  
Et qui les finance ?  Les gouvernements européens,  mais aussi le « New Israel Fund, » un fonds américain basé en Israël qui a un budget annuel de 32 millions de dollars. 

Le Rapport Goldstone fonde la plupart de ses accusations contre Israël sur le témoignage de 16 ONG israéliennes qui ont reçu en tout près de 8 millions de dollars du New Israel Fund.  Le Président du Conseil international du New Israel Fund est Avraham Burg, qui en appelle à l’annulation de la Loi du Retour ainsi qu’au reste des lois israéliennes qui font d’Israël un État juif. 
Et donc si nous voulons annuler le Rapport Goldstone, il ne suffit pas de faire du lobbying auprès des Gouvernements européens et auprès des institutions de l’Union européenne.  Il faut aussi mener le combat sur le front des organisations israéliennes qui ont contribué au Rapport Goldstone et qui continuent d’agir pour la diffamation et pour l’isolement d’Israël.

L’organisation israélienne la plus militante, la plus efficace et la plus prometteuse dans ce combat est Im Tirtzu.
Fondée après la Seconde Guerre du Liban par des officiers de réserve et des étudiants,  Im Tirtzu lutte contre la dé-légitimation d’Israël par les Israéliens eux-mêmes. 
C’est Im Tirtzu, par exemple, qui a révélé la contribution indirecte du New Israel Fund au Rapport Goldstone, et qui a milité avec succès à la Knesset pour la mise  en place d’une commission d’enquête sur le financement des ONG israéliennes qui agissent contre d’Israël dans le monde.  
J’ai l’honneur de faire partie du Comité directeur international d’Im Tirtzu et de représenter l’organisation ici, ce soir.  Et c’est  par devoir civique que je vous demande d’aider ces jeunes héros qui luttent pour le futur d’Israël.
     
« Si vous le voulez, ça n’est pas un rêve » avait dit Herzl.
La diffamation du Capitaine Dreyfus avait créé en Herzl un réveil grâce auquel les Juifs sont devenus un peuple libre et souverain. 
Aujourd’hui, cette diffamation est tournée vers l’État juif, le Dreyfus d’un monde aux idéologies déchues.  Le Rapport Goldstone n’est qu’une manifestation de ce phénomène.  Ce n’est ni la première ni la dernière, et il faut gagner le combat qui nous est imposé.    
De même que la diffamation du Juif Dreyfus créa l’étincelle qui nous rendit notre liberté, puisse la diffamation de l’État juif réveiller l’élan qui nous rendra notre fierté. 

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Une réponse à “Le Procès du Rapport Goldstone

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