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Ils participent à la préparation d’un nouveau génocide par Guy Milliere

Par Guy Milliere, vendredi 3 juin 2011, 00:18

  Chacun de mes séjours aux Etats-Unis me donne l’occasion de mesurer davantage le gouffre qui sépare l’Amérique réelle de celle qu’en décrivent les médias français. L’Amérique dont parlent les médias français n’existe pas, et il est triste de penser que ceux qui se croient informés par les média français croient que ceux-ci traitent de l’Amérique réelle, alors qu’ils parlent de fantasmes de journalistes, emboîtés dans d’autres fantasmes de journalistes.

Ce que je viens de noter concernant mes séjours en Amérique se retrouve à chacun de mes séjours en Israël. Venant juste de rentrer d’Israël, je mesure, entre la société israélienne réelle et ce qu’en disent les médias français, bien plus qu’un gouffre, voire bien plus qu’un océan.

Non seulement Israël décrit par les médias français n’existe pas, mais cet Israël décrit par les médias français ressemble à une ignoble caricature, digne de celles qui figuraient dans les journaux antisémites des années nazies en Europe. Il est révoltant de penser que ceux qui se croient informés par les médias français croient que ceux-ci leur parlent d’Israël, alors qu’ils parlent de leurs propres fantasmes, pathologiques et pathogènes. Il est, surtout, révoltant de penser que ceux qui produisent les fantasmes, et ceux qui s’en abreuvent, ne semblent pas se rendre compte qu’ils procèdent les uns et les autres comme les Européens au temps des années nazies.

A l’époque, on décrivait les Juifs d’une certaine façon, et cela a conduit à certains comportements qui restent symbolisés par un mot : Auschwitz !

Aujourd’hui, on décrit Israël d’une certaine façon, et cela conduit à des comportements certains : les petites nuits de cristal, organisées par des mouvements tels qu’Europalestine, dans les boutiques qui vendent des produits juifs israéliens ; les interdictions de livres juifs israéliens destinés à rendre des bibliothèques Judenrein, comme ces derniers jours en Ecosse. L’Ecosse, où un nombre croissant de bibliothèques publiques ont décidé de retirer des rayonnages tous les livres dont les auteurs sont juifs israéliens, et tous les livres traduits de l’hébreu. Cela se nomme un autodafé et c’était une activité très prisée des SA et des SS. Il ne leur reste qu’à brûler les ouvrages retirés des rayonnages en place publique…

On pourrait ajouter les décisions d’artistes frelatés, qui prennent la posture « courageuse » de ne pas se rendre en Israël, celle de cinéastes, qui se disent « antisionistes » pour ne pas avoir à se dire antisémites, et qui se refusent à participer à des festivals où l’on présente des films israéliens.

Mais ces comportements ne seraient pas imaginables sans ce qui se trouve distillé jour après jour dans l’atmosphère :

– Israël serait, se murmure-t-il, un pays militariste, obsédé par sa sécurité. En vérité, et il est nécessaire de remettre l’église au milieu du village : on croise moins de policiers en Israël, où la présence policière est quasiment invisible, qu’en France, et on y croise moins de soldats aussi qu’en France.

Les journalistes qui prétendent le contraire se rendent-ils en Israël ? Si la réponse est non, ils sont incompétents. Si la réponse est oui, ils sont absolument malhonnêtes. Dans les deux cas, ils ne peuvent ignorer qu’ils falsifient et incitent à la haine.

Par ailleurs, un pays menacé par des terroristes ne devrait-il pas penser à sa sécurité ? Les journalistes concernés pensent-ils qu’un bon Juif est un Juif mort ? Entendent-ils suggérer à leurs lecteurs qu’un bon Juif est un Juif mort ?

– Israël, se répète-t-il, opprimerait les Palestiniens. On doit le dire : une proportion importante de la population israélienne [20%. Ndlr.] est composée d’Arabes israéliens, qui jouissent, en Israël, de toutes les libertés dont les Arabes vivant dans d’autres pays sont privés.

Ces Arabes-là sont-ils indignes, aux yeux des journalistes concernés, parce qu’ils ont la nationalité israélienne, ce qui expliquerait qu’on ne parle jamais d’eux et qu’on ne dise pas qu’ils sont environ 80% à ne pas souhaiter d’autre nationalité que la nationalité israélienne ?

On doit le dire aussi : pour faire leur boulot correctement, il faudrait que les journalistes concernés informent leurs lecteurs de la corruption immense qui gangrène l’Autorité Palestinienne, de la propagande immonde, raciste et haineuse, que déversent, chaque jour, les media palestiniens et les enseignements délivrés dans les salles de classe palestiniennes. Les journalistes concernés se rendent-ils compte, qu’en n’informant pas leurs lecteurs sur la corruption et la propagande palestiniennes, ils s’en font les complices actifs ?

– Israël, se ressasse-t-il, occuperait des terres palestiniennes. On doit le dire : il n’y a jamais eu de pays appelé Palestine. Nul n’a parlé de « peuple palestinien » avant que la notion n’ait été inventée, à la fin des années 1960. Les terres en question avaient été annexées de force par la Jordanie (pour la Judée-Samarie) et par l’Egypte (pour Gaza), de 1949 à 1967, sans que personne jamais ne parle d’y créer un Etat arabe supplémentaire, ou ne manifestât qu’il s’agissait de « terres palestiniennes ».

Les populations arabes de Judée-Samarie et de Gaza étaient alors sous juridiction jordanienne ou égyptienne et ne prétendaient pas former un « peuple ». Les journalistes concernés ignorent-ils totalement l’histoire de la région ? Ne discernent-ils pas, qu’en se faisant les colporteurs d’une propagande à visées génocidaires, ils se conduisent eux-mêmes en propagandistes génocidaires ?

La façon de décrire Israël génère un état d’esprit. Cet état d’esprit forge, à son tour, des comportements.

J’aimerais ne pas penser que les descriptions, l’état d’esprit ainsi créé, et les comportements induits sont ce qu’ils sont parce qu’Israël est l’Etat du peuple juif. Mais je ne puis m’empêcher de le penser tout de même.

Les descriptions des Etats-Unis dans les media français sont tout aussi fausses. Elles accouchent d’un état d’esprit malsain. Mais cet état d’esprit ne rappelle pas autant de mauvais souvenirs que l’état d’esprit malsain à l’encontre de l’Etat du peuple juif, qui est installé aujourd’hui dans les têtes. Et il n’est pas aussi lourd de conséquences que l’état d’esprit malsain prenant l’Etat du peuple juif pour cible.

Les fantasmes pathologiques et pathogènes disséminés en France et en Europe concernant Israël fomentent des souhaits insistants de voir Israël réduit à sa plus simple expression, aux « frontières d’Auschwitz », disait le légendaire ministre des Affaires Etrangères d’Israël Abba Eban. Les journalistes européens savent que les « frontières d’Auschwitz » ne seraient pas défendables : je noterai que c’est volontaire et prémédité : ils veulent que les frontières d’Auschwitz soient l’antichambre de la destruction d’Israël.

Les politiciens européens, pour la plupart, désirent eux-mêmes le retour aux « frontières d’Auschwitz », et savent eux aussi qu‘elles ne seraient pas défendables. Je noterai que c’est parce qu’ils veulent ce que veulent les journalistes.

Les populations européennes sont incitées à vouloir ce que veulent les journalistes et les politiciens européens, et elles finissent par le vouloir. Israël est le pays le plus détesté par les peuples européens aujourd’hui. Le « peuple palestinien » est considéré comme le peuple opprimé par excellence, celui que tous les vecteurs de bonne conscience et de discours « politiquement corrects » se doivent de soutenir.

Dès lors qu’il y a, à la tête des Etats-Unis, un président qui est lui-même un fervent adepte des « frontières d’Auschwitz », journalistes et politiciens européens semblent considérer qu’il n’y a plus de raison pour eux de se retenir.

Les dirigeants palestiniens ont, à leur tour, de moins en moins de raisons de se retenir, et ils entendent proclamer unilatéralement un Etat palestinien, en septembre, dans les « frontières d’Auschwitz » – en attendant davantage – et le faire reconnaître aux Nations Unies. Nombre de pays européens sont prêts à reconnaître cet Etat, cela va de soi.

Ce sont les mêmes qui, il y a soixante-cinq ans, avaient accompli l’épuration ethnique qui était censée rendre le continent européen vide de toute présence juive. Ils n’ont pu aller au bout de leur abominable entreprise, mais ils ont quand même assassiné un tiers de la population israélite de la planète.

Aujourd’hui, les dirigeants des mêmes Etats semblent n’entretenir strictement aucune objection contre le fait que d’autres reprennent l’abominable entreprise d’éradication d’un peuple laissée inachevée.

En lisant et écoutant les informations diffusées en France, à mon retour d’Amérique ou d’Israël, je vois que les médias français décrivent une réalité qui n’existe pas. Et cela me fait penser à la façon dont on informait les gens en Union Soviétique. Il y a quelques différences néanmoins : en Union soviétique, les journalistes savaient qu’ils mentaient. En France, nombre de journalistes mentent sans même comprendre ce qu’ils font. En Union Soviétique, la population savait qu’on l’abreuvait de mensonges, en France, elle croit, assez largement qu’on l’informe.

En lisant et écoutant les informations diffusées en France à mon retour d’Israël, spécifiquement, ce n’est pas une comparaison avec l’Union Soviétique qui me vient en tête, mais une autre comparaison : j’ai parlé plus haut des années nazies en Europe. Je devrais parler, ici, des années de montée du nazisme.

Dans les années de montée du nazisme, il y avait des journalistes qui faisaient étrangement leur métier et des politiciens qui faisaient étrangement le leur, comme aujourd’hui en France et en Europe. Les populations en venaient à avoir des idées étranges elles aussi, et tout à fait nauséabondes.

Il n’y aura pas de camps de concentration en Europe, non. Ce à quoi on songe en Europe présentement est différent. Ce à quoi on prépare les esprits est très différent. Il n’y aura pas de dictature en Europe non plus : nous sommes désormais dans l’univers d’Aldous Huxley davantage que dans celui de George Orwell.

Une dictature n’est plus nécessaire. Il n’y a pas besoin d’instituer un ordre totalitaire en Europe. Il y a juste une nébulisation d’idées totalitaires dans l’atmosphère : des restes de nazisme, de léninisme, de marxisme, et un ingrédient nouveau, la soumission latente à l’islam radical. A la haine exterminationniste envers les Juifs s’est substituée une haine exterminationniste envers l’Etat du peuple juif. Et, bien sûr, tout Juif qui ne baisserait pas la tête et ne consentirait pas à la haine exterminationniste serait considéré comme suspect.

@Metula News Agency

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