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Emine Ulker Tarhan, l’ex-juge Turque contre Recep Tayyip Erdogan Pacha

emine ulker

Emine Ülker Tarhan , Juge démissionnaire à la Cour d’appel d’Ankara, où elle a travaillé pendant 15 ans, ancienne présidente de Yarsav, association professionnelle de juges et d’avocats, a préféré raccroché sa toge pour se lancer en politique en prenant les couleurs du Parti républicain du peuple (CHP en turc), créé par Atatürk, fondateur de la République turque et lutter contre le gouvernement turc actuel.
Très préoccupée par l’avenir de la Turquie, cette femme de 48 ans a donc rejoint le principal parti turc d’opposition et est candidate à un siège au parlement dans la région d’Ankara.

Bien qu’effrayée et scandalisée, elle s’est jeté à corps perdu dans la lutte contre le parti au pouvoir du premier ministre Erdogan, qui se conduit de manière antidémocratique et qui aspire à conquérir un pouvoir absolu par l’intermédiaire de tactiques oppressives.

Erdogan explique Mme Tarhan, a fait de sa vie un enfer et se sentait constamment épiée.
«Depuis qu’il a pris les rênes du pays, il veut tout régenter, et en tout premier lieu le système judiciaire.”

Tarhan, grande et blonde, arbore un tailleur gris ajustée bien loin des tenues “islamistes que Erdogan voudrait imposer aux femmes.
Elle dénonce la goutte d’eau qui était une conversation téléphonique privée de son mari publiée dans les journaux.
”Tous les gens qui s’opposent à Erdogan sont sous surveillance.”

«Il vend une fausse image du pays à l’étranger.
La situation des droits de la personne empire tous les jours, en Turquie. Il insulte sans cesse les femmes. Il nous dit de rester à la maison pour faire trois enfants chacune!»
, s’indigne-t-elle.

Elle voudrait pourvoir stopper les «tendances dictatoriales» de Recep Tayyip Erdogan et le conservatisme islamique qu’il veut imposer à la toute la Turquie.

Erdogan voudrait modifier la Constitution et transformer le système parlementaire en système présidentiel à l’américaine.

« J’ai décidé d’entrer en politique à cause de l’actuel gouvernement et de sa politique intolérable, et en tant que juge je ne pouvais pas exprimer mes positions a ce sujet, » a déclaré Tarhan au journal israélien Yedioth Ahronot dans une interview spéciale.

« Nous avons eu des assassinats politiques qui n’ont pas été résolus. Environ 60 journalistes sont en prison parce qu’ils ont écrit des choses, » dit-elle, ajoutant “que toutes les institutions nationales sont sous forte pression par la parti au pouvoir d’Erdogan.”

« Afin de créer le régime qui les intéresse, ils essaient de prendre en charge le système judiciaire, » dit-elle.

Selon Tarhan, les droits fondamentaux sont constamment mis à mal par le régime d’Erdogan.

« Le gouvernement abuse de la question de l’identité religieuse et ethnique, afin d’accroitre la polarisation de la société, » a déclaré l’ancien juge. « Les affaires de corruption impliquant le financement illégal du parti au pouvoir ne sont pas a l’étude. Les organisations civiles qui s’opposent au gouvernement sont présentées comme opportunistes, des organismes inutiles. »

« Chaque jour on s’éloigne de la pensée démocratique et de l’esprit de la loi, » a déclaré Tarhan. « Le gouvernement se comporte comme une bande organisée. »

Attirant son attention sur le premier ministre turc, qui se positionne comme une critique acerbe d’Israël, la membre de l’opposition a eu des mots particulièrement durs.

« Erdogan n’est pas le premier ministre d’un état démocratique. Il veut être le sultan du Proche Orient, » dit-elle. « Un général qui ne s’est pas levé pour lui rendre hommage à un certain évènement a été jeté en prison. Ceci est un comportement de tyran. Tous les tyrans sont semblables les uns aux autres, et chacun d’entre eux termine avec un sort similaire. »

Turcs blancs, Turcs noirs
L
es Turcs sont profondément divisés.
D’un côté, les Turcs blancs, l’ancienne élite politique européanisée, profondément attachée à la laïcité à la française, établie par Atatürk et défendue par l’armée qui, en son nom, a commis quatre coups d’État.
De l’autre, les Turcs noirs, issus des milieux ruraux mais de plus en plus urbanisés, qui remettent en cause le modèle laïque, qu’ils jugent discriminatoire à l’égard des musulmans pratiquants.

Recep Tayyip Erdogan est fils d’un garde-côte de la ville de Rize, né en 1954 dans le nord-est du pays,. Il est l’incarnation même de la nouvelle élite des Turcs noirs. Il a fait des études dans une école islamique avant d’obtenir un diplôme de l’Université de Marmara.

Conservateur musulman, il s’est joint à un parti islamiste alors qu’il était sur les bancs d’école. En 1998, alors qu’il était maire d’Istanbul, il a été emprisonné pendant quatre mois pour avoir lu en public un poème à connotation religieuse. Cette condamnation l’a empêché pendant près de cinq ans d’occuper un poste public, mais non de créer le parti qu’il dirige encore aujourd’hui.

Erdogan, c’est la revanche des Turcs noirs”, explique Cem Sensoy, jeune homme d’affaires qui se réclame de cette Turquie noire de plus en plus prospère, “Et ça, c’est loin de plaire à tout le monde.”

Sources : Le Post, Le Figaro

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