Galerie

Je me nomme Guilad Shalit, on fête mes 25 ans aujourd’hui devant le quai d’Orsay

Par Eve P.

guiladPour vous, sonne la fin de vos vacances d’été,
Moi, j’ai 25 ans aujourd’hui,
Je suis prisonnier sous la terre,
Je ne vois plus la lumière,
Je ne vois plus les miens,
Je n’ai plus aucun droit,
Je suis traité pire que le plus hideux des animaux depuis plus de cinq ans.
Je suis français, je suis israélien aussi,
Mais si la France m’a laissé tombé.
Si la France m’a banni des siens,
Je ressens avec ma foi que vous vous battez pour moi.
D. ieu m’envoie l’écho de tous vos combats pour moi.
Il me fait parvenir aussi celui de vos victoires,
je sais que maintenant je compte enfin comme un otage français.

Je sais que vous étiez tous là devant le quai d’Orsay.
Je sais que Yohann et Jonathan se sont battus avec vous tous mes amis pour que l’on  parle de moi aujourd’hui,
Pour ne pas oublier ma souffrance et celle de tous les miens le jour de mon anniversaire, le jour de mes 25 ans.

J’ai vu combien vous étiez nombreux à vous être déplacé et certains mêmes de loin,
d’autres ont même écourter leurs vacances pour que l’on ne m’oublie pas et que l’on me sorte de  mon enfer quotidien qui est celui d’une non-vie.

France 2 était même là avec une caméra et la “célébration” de mes 25 ans a donné lieu une courte retransmission sur les écrans français.
Quel changement ! Cela me rassure d’ailleurs un peu… 

J’ai entendu le très beau réquisitoire de Maitre Goldnadel Président de l’association France-Israël et d’Avocats sans Frontières lu par Florence N’Guyen .
J’ai entendu Karim Hervé Benkamla vice-président de Parole de Femmes et de l’amitié judéo-musulmane parler du combat qu’il a mené pour moi depuis trois ans et souligner que je faisais mon service militaire en Israël, comme j’aurais pu le faire en France s’il avait été toujours en vigueur. 
J’ai entendu Yohann Taieb me lire sa lettre écrite avec Jonathan Curiel, et j’ai entendu Jonathan me lire celle de mon père…

Merci à tous de ne pas perdre espoir, de ne pas me faire perdre espoir et de vous battre pour moi.

Votre frère, votre fils,

Guilad


Les mots de Yohann Taieb et Jonathan Curiel pour les 25 ans de Guilad

IMAG3845

Pardonnes nous Guilad, pardonnez-nous Aviva et Noam, si nous sommes ici en ce jour, non pas pour une heureux évènement mais pour une fois de trop exiger avec détermination ta libération immédiate Guilad.

Guilad, tu es notre frère, notre fils, notre petit-fils, notre cousin, notre neveu, notre ami. Guilad est un peu chacun de nous.

Et aucun de nous ne vivra tranquillement, aucun de nous ne vivra en paix tant que tu ne seras à nos côtés.

Nuits et jours nous pensons à toi, nuits et jours nous prions pour toi, mais cela n’a pas suffit.

Depuis cinq ans, Israéliens et Palestiniens restent intransigeants sur les conditions de ta libération pour en finir avec ton calvaire et celui de ta famille.

Tu es aussi un citoyen français et les autorités françaises  se sont contentés du strict minimum : à savoir affirmer que tu n’étais pas un prisonnier de guerre mais un otage, un otage français et d’envoyer des lettres pleines de bonnes intensions à tes parents.
Ils prétendent avoir agit en coulisse, nous voulons bien les croire, mais pour quel résultat prix ?

Dans le même temps, nous avons vu ces mêmes autorités s’impliquer totalement et activement pour faire libérer Ingrid Bétancourt, les infirmière bulgares, Clothilde Reiss Françoise Larribe, Pierre Camatte et plus récemment les deux journalistes de France 3, Hervé Guesquière et Stéphane Taponier.

Nous ne pouvons plus nous contenter d’actions symboliques de la part des autorités française.
Nous exigeons dès à présent une action ferme du Président de la République Française pour te libérer, la France ne peut rester étrangère plus longtemps à ton calvaire. La France peut et à les moyens de peser de tout son poids diplomatique et économique sur ceux qui te privent de ta liberté et de ta dignité.

La mission universelle de la France n’est t-elle pas de défendre la liberté des peuples dans le monde partout où elle se trouve menacée et venir en aide à tous les hommes et toutes les femmes qui en sont injustement privés ? La France n’est t-elle pas le pays des Droits de l’Homme, de tous les hommes  ?

Ce vendredi 26 aout, nous avons commémoré les 222 ans de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789.
Si les hommes ont des droits, ils ont aussi des devoirs, plus que n’importe quel Etat, la France a le devoir de te ramener à tes parents.

L’Autorité palestinienne qui aspire à la création prochaine d’un Etat palestinien a elle aussi le devoir de te libérer immédiatement et sans condition, aucun état aspirant à une démocratie pacifiste ne peut tolérer l’arme du terrorisme, car la prise d’otage selon le droit international est un acte terroriste.

La France se doit d’exiger ta libération immédiate et sans condition en préalable non négociable à la reconnaissance d’un état palestinien issue de négociation et non par le biais d’action unilatérale.

Guilad aujourd’hui 28 aout 2011, tu viens d’avoir 25 ans et perdu 1890 jours de ta jeunesse,
le 28 aout n’est pas une date anodine, aujourd’hui aux Etats Unis, on commémore un jour et le discours d’un révérend afro-américain épris de liberté, le révérend Martin Luther King et son célèbre “I have a dream”.

Oui Guilad, nous avons tous le même rêve  celui que ton cauchemar prenne fin et que tu rentres enfin à la maison, de même que nous faisons aussi le rêve que le cauchemar de tous nos otages français dans le monde se termine, qu’ils rentrent tous à la maison.

Nous n’oublions pas non plus la mémoire de Michel Germaneau lachement assassiné  par ses ravisseurs, celle de d’Antoine de leocour et Vincent Delory, deux jeunes français tués au Niger.
Merci à tous.

goldnadelLe Président d’Avocats sans Frontière, Maitre Goldnadel qui est aussi Président de l’Association France Israël, actuellement en Israël, s’est joint à nous pour nous dire quelques mots lus par Florence N’Guyen.

Lorsque l’on veut se persuader de la sècheresse de cœur, la partialité et l’iniquité des médias français à l’égard du peuple d’Israël, le sort qui a été réservé à Giulad Shalit restera malheureusement emblématique.

Tout ausi français qu’Ingrid de Bétancourt ou quelque journaliste pris en otage, jamais la situation de celui-ci n’aura fait l’objet du moindre commentaire compassionnel sauf à voir la communauté juive de France entrer dans la colère ou la supplication.

Alors que de manière générale le conflit israélo-palestinien inspire à la presse une logorrhée obsessionnelle, par un hasard funeste cette même presse a perdu sa langue et cassé sa plume lorsqu’il s’est agi de rappeler au public français le sort d’un tout jeune homme reclus depuis six années dans quelque cachot infecte et sans pouvoir recevoir ni donner la moindre nouvelle.
Ce déni sera à porter au très lourd passif d’une presse qui ne de lasse pourtant jamais de vouloir prendre une posture morale.

Après qu’un inlassable combat ait pu permettre de voir Guilad intégrer implicitement le nombre des otages français rappelés sur les chaines de l’audiovisuel public, un soi-disant Syndicat National des Journalistes (de RFI) a protesté contre cette mesure dont il estimait le jeune franco-israélien indigne…

Voilà pourquoi depuis, et seulement depuis, et seulement depuis, les journaux télévisés comme pour s’excuser d’avoir inclus Guilad dans le nombre de nos compatriotes à plaindre et à espérer la libération, indiquent qu’ils tiennent ce bilan officiel du ministère des affaires étrangères …

Si un jour donc, l’histoire de la presse et l’intelligentsia française peut être racontée objectivement, il faudra que nos enfants apprennent combien celle-ci aura été tendre envers le Hamas et dure envers ses victimes. Mais l’essentiel est peut-être ailleurs car lorsque Guilad sortira de son cachot, son père Noam, si digne, courageux pourra lui dire qu’il s’est trouvé en France toute une communauté qui n’a cessé de penser à lui en dépit de la méchanceté, en dépit de la bêtise.

parole de femmes 
Karim Hervé Benkamla

IMAG3849

IMAG3850

La lettre de Aviva et Noam Shalit lue par Jonathan

Notre cher Gilad,

Avec le soleil brûlant qui tape sur nos têtes, depuis le trottoir adjacent à la maison du Premier ministre Benjamin Netanyahu, nous essayons de digérer le fait que 1890 jours ont passé et que tu n’es toujours pas avec nous.

Nous sommes ici, sur ce trottoir depuis maintenant plus d’un an, essayant de toutes nos forces et utilisant tous les moyens à notre disposition pour briser le mur de l’étanchéité qui se trouve entre nous et ceux qui doivent encore être convaincus, après tant de jours, de mois, d’années et d’erreurs, qu’il est temps pour toi de rentrer à la maison.

Nous sommes là. Nous n’avons pas renoncé, nous n’avons pas cédé, et nous n’avons pas été brisés. Et nous ne sommes pas seuls.

Notre cher Gilad, beaucoup de gens qui te sont étrangers, que tu n’as jamais rencontré, pensent comme nous qu’il est inconcevable de parler de solidarité sociale, de force nationale et d’avoir foi en l’État alors que l’on t’a abandonné à ton sort. Jour après jour, seul et abandonné dans les donjons du Hamas pour plus d’une demi-décennie.

L’été dernier, des dizaines de milliers de personnes ont défilé pour toi, croyant qu’enfin les choses avançaient. Cet été, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues en signe de protestation, appelant à la justice sociale, au droit des gens à vivre et gagner leur vie avec dignité. Et nous avons bien entendu rejoint cet appel pour réclamer ton droit de vivre avec le droit de l’homme le plus essentiel : la liberté.

Notre Gilad bien-aimé, nous savons que chaque jour qui passe est un autre jour cauchemardesque, un jour de souffrance impossible, des jours et des nuits de solitude étouffante et infinie. Mais tu dois savoir que nous ne t’oublions pas, nous n’oublions pas le fait que dimanche prochain (ndlr : lettre envoyée le 24 août), tu auras 25 ans, nous n’oublions pas que c’est ton 6ème anniversaire en captivité, plus d’un cinquième de ta jeune vie a été passé dans un donjon, ou une cave du Hamas.

Nous savons que tu n’as pas la moindre idée de pourquoi ton cauchemar n’a pas pris fin et nous savons que nos nombreux efforts doivent encore porter leurs fruits. Nous essayons de rester en vie malgré le fait qu’elle soit devenue méconnaissable.

Ton frère Yoel a déjà obtenu un diplôme universitaire du Technion, et Hadas ta petite sœur est en train de terminer son service militaire ces jours-ci. Et tandis que ces jours sont censés être heureux, notre cœur est lourd car tu n’es pas là pour fêter cela avec nous.

Avec chaque instant qui passe, nous essayons de chercher une réponse, des conseils sur ce que nous pourrions faire d’autre. Ce qui reste à être jugé. Comment pouvons-nous convaincre les gens que tu n’es pas simplement une photo, une image en carton ou même une photo visible à tous les coins de rues, tant ici en Israël et qu’à l’étranger ? Comment expliquer que tu es toujours là ?

Ils ne cessent de nous offrir des lambeaux d’espoir, nous disent qu’ils ont fait des progrès dans les négociations, mais à chaque nous voyons, encore et encore, des prisonniers de haute sécurité renvoyés des prisons israéliennes pour rentrer dans leurs foyers.

Nous voyons l’argent et les biens qui continuent d’affluer dans les mains de ceux qui t’emprisonnent depuis des années, nous réalisons que les conditions attribuées aux détenus du Hamas (oui, c’est la même organisation cynique qui te garde comme une arme secrète) ici en Israël, sont toujours améliorées et que personne ne change vraiment quoi que ce soit malgré tous les discours. Pour combien de temps?

Et à mesure que les jours passent, nous nous inquiétons pour ta santé, par ta vie même. Les déclarations recyclées vont une fois de plus se frayer un chemin depuis le bureau du Premier ministre et l’on pourra lire ici et là des éditoriaux publiés par des experts en contre-terrorisme au nom du gouvernement, mais de manière indépendante.

Des déclarations qui diront « nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir » (cinq ans de tout faire en leur pouvoir) vont continuer à inspirer la peur dans le public israélien, comme si ta libération pourrait semer de la terreur en Israël. Comme si en te laissant seul face à ton sort à Gaza permet d’éviter des dizaines, des centaines de victimes à venir.

Malheureusement, même quand tu es là-bas, les attaques meurtrières et terroristes continuent sans cesse ici.

Ton sacrifice ne change rien à la situation sensible et instable dans notre petit État. Par ailleurs, avec le temps qui passe, nous voyons comment le sens de sécurité de notre pays va décadent, de la jeune génération qui s’enrôle aux parents qui les envoient, tous s’affaiblissent à la lumière de la violation du pacte non-écrit (et pas pour la première fois) qui promet de faire revenir chaque soldat à la maison.

Pourtant, nous ne désespérons pas, et tu dois tenir car nous allons trouver un moyen de te ramener ici, bientôt, demain !

Avec beaucoup d’amour et d’espoirs sans fin,

Maman et papa

© Reproduction autorisé avec le lien Parole Franco Juive

Publicités

2 réponses à “Je me nomme Guilad Shalit, on fête mes 25 ans aujourd’hui devant le quai d’Orsay

  1. Pingback: Les 25 ans de Guilad sur France 2 | Parole Franco Juive

  2. Pingback: Daniel Gal reconnait “l’excellence sociale” de Gil Taieb | Parole Franco Juive

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s